Jean Mas     Tous droits réservés     Mentions légales

La crèche de l'Ecole de Nice

Striped jersey, hat or cap tilted back so as not to obstruct the view, eyebrows raised inquiringly… Jean Mas could have been the “ravi” (*A character of the Provençal nativity scene) of his Crèche de l’Ecole de Nice - he looks at the world with quietly marvelled eyes. But he burnt that Crèche at the end of 2010, when he made the ‘Ecole de Nice’ go up in smoke.

A la place du petit Jésus, le Livre Blanc de l'Ecole de Nice, d'où s'échappe de la poudre bleue … Comme le bleu de Klein

 

La guerre des crêches (crèche) a-t-elle commencé ?

L’accent grave marque l’hésitation du e (heu !), et la solennité de l’événement.

Il a été remplacé par l’accent circonflexe, ou circonspect, qui induit un doute sur la validité de la présentation.

 

Une crêche artistique non traditionnelle suppose donc qu’un « S » se trouve signifié par le chapeau ^, dit de gendarme.

Mais en fait, ce qui est par la faute suggéré n’est rien d’autre que l’absence de tout « s ». Entendre alors la raisonnance (résonance) : est-ce bien une crèche ?

 

Ce grand absent, qui n’a pas lieu d’être, appartient de fait à la catégorie du non-être. Tout comme l’Art, il est produit. Lui ne produit rien !

Place vide, absence de rien, signifié par un accent, une idée vide de contenu, marque du Divin.

 

La proximité des mots m’amène à considérer crêpe, qui peut être retournée (retour-né), et nous oblige à considérer la crèche dans sa qualité de mangeoire.

L’accent de crêpe aurait-il sauté sur celui de crèche ? Sens d’un éternel retour ?

La crèche, tradition d’une nourriture spirituelle ?

La crêche, nourriture artistique, philosophique, pansémiotique ?

 

Jean Mas

 

©photos Catherine Mas

Quand « l’école de Nice va partir en fumée »

Le samedi 4 décembre 2010 à 10h30 Au musée Rétif - Par les bons soins de jean mas

 

 

« Entrez, entrez, messieurs dames, dans le grand cirque de Milan. Venez voir comme on emballe, flambe, poubelle, crie, expanse, feu d’artifice, tire, gicle, lacère. La fanfare municipale ouvre la marche»… C’est ainsi que Danièle Giraudy débute son rapport historique sur la dissolution du Nouveau Réalisme, à Milan, le 27 novembre 1970, après dix ans d’existence officielle. Après qu'on eut ouvert le feu à la mémoire d’Yves Klein, disparu en 1962, Arman, Christo, César, Niki de Saint-Phalle, Rotella, Tinguely, Dufrêne, Raysse, Spoerri mirent la main à la pâte pour confectionner un gigantesque happening.

« L’Ecole de Nice a trop duré » est une phrase récurrente dans la bouche de pas mal d’artistes de ladite Ecole, et Alexandre de la Salle, qui a fédéré ce mouvement en 1967 et l’a perpétué au fil des années, a décidé de profiter de la fin de l’exposition « Cinquante ans de l’Ecole de Nice », que Mireille et Philippe Rétif l’ont aimablement invité à organiser, pour y accomplir le même genre de rupture symbolique, féconde de tout l’avenir, le samedi 4 décembre 2010, à10h30. Eh oui « L’Ecole de Nice » elle aussi va flamber, gicler, être lacérée, finir à la poubelle, par les bons soins de Jean Mas, grand metteur en scène de la vie et de la mémoire des choses, grand spécialiste de leur mise en mots feu d’artificente emballée par leur sens lui-même, et avec laquelle il joue en virtuose.

C’est sa « Crèche de l’Ecole de Nice » qui va partir en fumée, œuvre qui fut inaugurée le trois janvier 2004 à la Galerie Jacques Matarasso, et qui comporte plus de cent cinquante figurines composant le « monde de l’Ecole de Nice ». Crèche que Paul Barelli a intitulée « crèche philosophique » lorsqu’il l’a vue exposée à l’Hôtel Windsor. A la place de Jésus, un livre blanc, à la place du bœuf et de l’âne, une autruche (dont les plumes ont, chacun sait, contribué à la confection de multiples chasse-mouches !). Et Raymond Hains, l’un des fameux Nouveaux-Réalistes fondateurs, a longtemps créché à l’hôtel Windsor ! Freud est présent dans la foule, ainsi bien sûr qu’Alexandre de la Salle et Ben avec son panneau, et la Ligne indéterminée de Bernar Venet, et l’Homme de Pierre de Max Cartier, et des bouteilles de vin de Bellet etc. etc.

Pour la sortie en mai 2010 de « Performas, 40 ans d’Art d’Attitude » d’Alain Amiel aux Editions Ovadia, Nicole Laffont titrait : « Jean Mas, agitateur d’idées depuis 40 ans ». Car Jean Mas aidait déjà Ben et Annie à transporter un igloo dans la montagne en 1969, et si dans l’exposition « A propos de Nice » du Centre Pompidou en 1977 il avait déjà sa juste place, deux ans plus tard chez Ben il se livrait à la première tentative de mise sur orbite d’une cage à mouches. Nicole Laffont dit encore très justement que Jean Mas est producteur d’idées neuves et de spectacles détonants, et qu’avec lui l’histoire des idées se fait chaque jour avec un brin de folie. C’est ce qu’il va démontrer le 4 décembre.

Sa petite merveille sera détruite en tant que potlatch, ordalie, sacrifice rituel, don à l’Histoire, réalisés après qu’il ait fait, après d’autres artistes de l’Ecole de Nice, l’une de ses « déclarations » polysémiques, hautes en couleur et en ironie fracassante. Toujours un régal, une intervention de Jean Mas et sa « fin de l’Ecole de Nice » va, crépitant, aller rejoindre en poussières d’étoiles, celles de Robert Malaval, autre poète fou.

 

France Delville

Communiqué de presse 11-11-2010

Jean Mas brûle sa crèche de l'Ecole de Nice

Jean Mas a allumé le feu Le 4 décembre 2010 – Musée Rétif - Vence

Réalisation Jean-Claude Fraicher

Les cendres de la crèche de l'Ecole de Nice 

Série limitée signée par Jean Mas déc 2010

PerforMas : « l'Ecole de Nice part en fumée »

Musée Rétif Vence - 4 décembre 2010

 

AVANT-PR0POS :

1- J'irai crècher sur vos tombes.

2- Cimetière de Guy Rottier

3- Ste Rita - Yves Klein - Ste Barbe

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs

Ce jour, nous avons rendez-vous avec l'histoire, ce jour est un grand jour, ce matin est un grand matin du monde, il est de ces rencontres exceptionnelles, plus que des coïncidences, des destins.

 

INTRODUCTION:

Comme j'aime à le dire, il suffit parfois d'une lettre pour que les choses changent. Ainsi, avec cette crèche, si je remplace le c par le p, la lettre P qui peut tout, j'obtiens prêche. Et si je glisse de la lettre P à la lettre B, cela nous donne une brèche.

OUI, j'ai conscience d'ouvrir une brèche qui déverserait, pour ce qui est de l'histoire biblique, des versets, et pour notre histoire, des « verres sait » : le savoir du verre, c'est celui de la terre, de la vigne, du vin. Et le dit vin est ici en bouteille ! Vin de Bellet, vin de Nicoletti, de Sosno, de Ben, de Mas, de Bonson...

Levain, la pâte...

Voila, voila la brèche qui est ouverte. Le ton est donné pour le prêche !

 

BIEN !

On m'accuse déjà de prendre des libertés avec la tradition. Eh bien oui, j'en prends. Je suis un artiste au service de mon art, et, à ce titre, j'investis le domaine CRECHE, je le revisite.

 

OUI, on me dit :

« Où sont donc les rois mages, Gaspard, Melchior et Balthazar? »

« Où sont donc l'or, l'encens des cultes, la myrrhe ? » CA SUFFIT !

L'or est indestructible : il y a l'or de la Cage à Mouches, et la CAM contient en puissance le Mage Accouche (voila pour l'or et l'encens).

Et le parfum me permet de passer de Mage à 0, HO, HOMMAGE. II n'y a qu'un pas et je le franchis avec les Francs et Charlemagne, qui fut sacré Empereur d'Occident le 25 décembre 800.

COMPRENNE QUI POURRA ! (CRIC CRAC CRIC CRAC).

HOMMAGE aux livres et à Charlemagne.

 

OUI, on me dit aussi :

« Où sont le bœuf et l’âne ? ». Le bœuf qui connaît le maître, et l'âne, la mangeoire...

CA SUFFIT !

Je les ai remplacés par l'autruche, la poule, le chat, l'aigle, le chien.

Les pingouins (gouins gouins) : c'est ma volonté d'artiste.

 

L'Autruche :  égale la longueur des plumes (justice) et chasse mouche

La poule :       animal psychopompe

Le chat :          clairvoyance, maléfice (bénéfice ?)

L'aigle :            de Nice, des Maya, des marchands : faire couler l'argent au lieu du sang

Le chien :         les cyniques grecs

L'oignon :        symbole : centre / pleurer / leurrer

 

LECTURE DE LA RECETTE DE LA SOUPE A L'OIGNON

 

Bien ! Laissons la soupe à d'autres car il est temps maintenant de passer à l’accusation et de soumettre la crèche à l'ordalie par le feu, au jugement non pas de Dieu mais de l'Histoire.

 

PAR LE FEU: car la fumée est garante de ce qui fut, mais que fut-elle, en vérité, cette Ecole de Nice, Ecole de Nice à laquelle nous avons en 2008 substitué le Collège de Nice ?

 

Ecole de Nice, je vous accuse d'avoir trop duré : à ne pas entendre comme ce qui a à voir avec les reins, l'urée, mais avec l'airain, ce métal précieux dont étaient faites les sandales d'Empédocle (450 avt J.C.). En quête d'immortalité, le vaniteux philosophe se jeta au cœur du volcan qui, en signe de refus, rejeta ses sandales, devenant alors symboles de ce désir d'immortalité.

Avec l'Ecole de Nice, les scandales ont remplacé les sandales. Aussi, pour ne pas perdre pieds, je vous invite à retrouver les paroles de ceux qui ont fait notre histoire. Je ne les cite pas, certains sont là, d'autres sont fatigués, las; d'autres encore manifestent par leur absence une assourdissante présence.

 

Avec le volcan, entendons : Vol et quand, le temps, mais surtout le rejet ou plutôt le renvoi de dizaine de sandales : certaines sont en métal précieux, nous verrons bien...

 

Pour l'heure, il convient de rester dans l'heure de l'art, et par le feu purifiant, de partir en fumée et de recueillir les cendres de notre art.

 

A l'instar d'Erostrate qui en 355 mit le feu au Temple de Diane et sauvegarda ainsi son nom au fil de l'histoire, je vais, par cette mise à feu de la crèche de l'Ecole de Nice mettre un terme dans le registre du symbolique à l'Ecole de ·Nice, en l'accusant d'avoir trop perdurée, bien au-delà des pères fondateurs et de tous ceux qui en ont fait une mangeoire, c'est-à-dire une crèche.

 

Retrouvons l'Ecole dans ce qui la fonde comme nous le dit France Delville

SLAM : Ecole de repos, de loisirs, de temps, d'attente, de découverte, de plaisir, de vie, de rien, de tout et plus encore...

SLAM : Ecole de repos, de loisirs, de temps, d'attente, de découverte, de plaisir, de vie, de rien, de tout et plus encore...

 

Maintenant, il est grand temps de marquer cette histoire par un geste fort :

SENTENCE EXECUTOIRE

ET QUE VIVE L'ECOLE DE NICE

 

Jean Mas

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