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Jean
Mas par Jacques Lepage – Critique d’art |
Jean
Mas
par France Delville Critique d’art (à propos des 20 ans de la Cage à Mouches - 1993) On est obligé de dire humour parce qu’il manque des mots, mais lui les crée, il les crée car il n’y a pas de sens des mots, il n’y a que des emplois et Mas les fait surgir pour la première fois. Ses calembours réinventent une chaîne à partir du seul ready made qui intéresse l’Ecole de Nice : la vie toute entière. Ecrire sur Mas aujourd’hui, c’est dire : « il est temps de regarder avec plus d’attention ce qu’il pointe du doigt et de la langue, il est temps, car il a beaucoup parlé déjà, avec les mots, avec leur histoire, leur échappement, leur renvoie, leur piège. Techniquement, la performance est la mise en œuvre de la compétence linguistique dans les actes concrets : actualisation de la capacité de parler. C’est un présent : c’est la mise en acte du mot, son dévoilement, à cause de cette notion de présent. Ce n’est pas un événement, ça, c’est le happening, ça c’est dans le temps. Là, c’est le jaillissement de l’acte, de l’objet lié au mot. A chaque mot de Mas, c’est de l’émergence, ça se passe dans le temps, ses révélations se succèdent, c’est comme dans la jetée de Chris Marker, ça paraît se dérouler, mais c’est un dévoilement de chaque seconde, une suite d’apogées. Il n’y est pour rien, Jean Mas, je veux dire qu’il ne calcule pas, il délire, c’est à dire qu’il est habité, et être habité, c’est parler en rêve, et ce qui le rêve, Mas, c’est un objet préfabriqué, la vie, et ça a à voir avec l’Ecole de Nice qui dit : « la vie est plus belle que tout ». |